Serge (Monteur Son) recherche dans son Pro Tools une phrase de Karkos, le personnage sur l’écran
Quand je travaille en langue anglaise, le montage son se fait
généralement à Londres.
J'ai un monteur par catégorie de son, avec sa salle, son
équipement spécialisé et son ou ses
assistants:
1) Un monteur dialogues directs
2) un monteur dialogues postsynchronisés
3) Un monteur ambiances
4) Un monteur effets
5) Un monteur bruitage
6) Un monteur musique temporaire
7) Un monteur musique définitive
8) Le chef de tous ces indiens, le "sound designer".
Pour Sa Majesté Minor on obtient le même
résultat avec moins de monde. Au lieu des vingt-cinq
très bons Anglais, j'ai douze excellents Français
comme dirait la chanson.
Serge cumule 1 et 5. Pendant des
semaines il va écouter toutes les prises rejetées et
puiser dedans des mots enregistrés pendant le tournage,
mieux dits ou plus clairs que dans la prise choisie. Il va les
remplacer, nous évitant ainsi d'avoir à
postsynchroniser. Il va aussi recaler les sons du bruitage qui ne
seraient pas parfaitement en place.
Marion est responsable de la synchro. Elle est
à la fois chef de plateau, directeur d'acteur et monteuse.
Elle définit les sections qui doivent être refaites
pour raisons techniques, donne son avis sur l'artistique, organise
et assiste à toutes les séances, note chaque prise
pour la qualité de l'interprétation et du
synchronisme. Elle passe ensuite des semaines à assembler
chacun des meilleurs petits bouts et à resynchroniser chaque
mot de façon à ce que les mouvements de lèvres
tombent aux petits oignons. Je l'adore. Elle a des yeux de braise
et me file des bombecs à la sève de sureau.
Laurent est un roi. Le roi des sound designers. Il
vit avec Marion qui lui file aussi des bombecs mais pas au sureau,
plutôt des comprimés. Il est tombé malade
à la fin du montage et on est tous bien tristes. Lui cumule
les fonctions 3, 4, 5 et 8. Il commence le travail dès le
tournage, rôde autour de la salle de montage, voit les
premières images, réfléchit aux sons qui
conviendraient, commence à puiser dans son immense
sonothèque, part à l'autre bout de la France avec son
micro enregistrer le frisson du vent dans les branches de
chêne liège, bricole pendant des mois dans son antre
obscur et présente des merveilles. Depuis L'Ours c'est
à lui que je confie la barre.
Noëlle, toujours elle, l'impératrice
de l'image. Elle assure la fonction 6 et 7. Je n'aime que
moyennement le système anglo-saxon qui confie la gestion de
la musique au département son. La musique pour moi fait
partie de l'essence du récit. Nul autre que la monteuse
image, qui connaît tous les sous-entendus du film, tous les
sentiments que chaque plan doit déployer, est à
même de choisir les musiques temporaires, de les placer, de
les caler ou de sentir avec moi pendant l'enregistrement des
musiques finales si toutes les intentions sont bien sur la
partition. Noëlle est très musicienne. Nous nous
régalons elle et moi, surtout quand la collaboration est
aussi réussie qu'avec Navarette.
La portière qui claque, c'est un effet
ou un bruit ? Vaste débat. La plupart du temps on se
retrouve au mixage avec une portière sur les bandes
préparées par le monteur "effet" et puisé dans
une sonothèque, la portière du direct et la
portière en bruitage. On choisit.
Un baiser mouillé c'est un son de postsynchro ou un bruit ?
Réponse, ni l'un ni l'autre. On n'a
généralement pas le temps de faire le smack en
question avec les acteurs qui d'ailleurs n'en raffolent pas et les
bruiteurs pensent que cette sonorité très intime ne
peut appartenir qu'au comédien. On se retrouve
généralement avec ni l'un ni l'autre. Je fais sortir
un micro et je fais les bisous moi-même dans la solitude du
grand plateau de mixage, pendant que les ingénieurs du son
se bidonnent derrière la console.

Je m'insinue clandestinement par votre cheminée alors que vous avez déjà barricadé portes et fenêtres
C'est toujours un plaisir de voir sur les bonus des dvd ou maintenant sur ce blog comment Jja réalise un film et avec le monde qui l'entourre.
Merci pour tout !!!