Pour rappel, le message de
Sébastien.
« Cher
Sébastien,
Souvenez vous que depuis une trentaine d’années, le cinéma français se rembourse, essentiellement, dans les pays francophones, alors que le cinéma américain fait remonter les sous du monde entier.
A la louche un film français coûte dix fois moins qu’un film américain. Un film français ne peut, ni se payer une imagerie comparable, ni la même multiplicité de plans ; s’offrir, ni ambitionner une équipe de montage son du même calibre, ni financer pré-mixages et mixages de la même durée. Sur beaucoup de films français l’équipe montage son est de zéro, une, voire deux personnes. Sur un film en langue anglaise j’ai 7 équipes (chef, assistant, stagiaires) de montage son : direct, synchro, bruitage, effets, ambiance, musique temporaire, musique définitive. Plus le Sound Designer.
On ne fait pas le même travail.
Ceci étant, c’est par goût, par volonté de réalisme né avec la nouvelle vague, que les réalisateurs français ont choisi l’option du son de reportage avec les imperfections du direct. C’est un choix cohérent avec l’abandon des décors en studio, afin de privilégier les lieux « vrais ».
Le cinéma américain a suivi la filière née avec Méliès, celle de la fabrication et de l’artifice. Le cinéma français a massivement opté, depuis les années 60, pour la voie préconisée par les frères Lumière, celle du document pris sur le vif. Ce sont deux conceptions très différentes. N’oubliez pas que les américains de notre métier se considèrent comme gens de spectacle.
Chaleureusement,
JJA»
Souvenez vous que depuis une trentaine d’années, le cinéma français se rembourse, essentiellement, dans les pays francophones, alors que le cinéma américain fait remonter les sous du monde entier.
A la louche un film français coûte dix fois moins qu’un film américain. Un film français ne peut, ni se payer une imagerie comparable, ni la même multiplicité de plans ; s’offrir, ni ambitionner une équipe de montage son du même calibre, ni financer pré-mixages et mixages de la même durée. Sur beaucoup de films français l’équipe montage son est de zéro, une, voire deux personnes. Sur un film en langue anglaise j’ai 7 équipes (chef, assistant, stagiaires) de montage son : direct, synchro, bruitage, effets, ambiance, musique temporaire, musique définitive. Plus le Sound Designer.
On ne fait pas le même travail.
Ceci étant, c’est par goût, par volonté de réalisme né avec la nouvelle vague, que les réalisateurs français ont choisi l’option du son de reportage avec les imperfections du direct. C’est un choix cohérent avec l’abandon des décors en studio, afin de privilégier les lieux « vrais ».
Le cinéma américain a suivi la filière née avec Méliès, celle de la fabrication et de l’artifice. Le cinéma français a massivement opté, depuis les années 60, pour la voie préconisée par les frères Lumière, celle du document pris sur le vif. Ce sont deux conceptions très différentes. N’oubliez pas que les américains de notre métier se considèrent comme gens de spectacle.
Chaleureusement,
JJA»
je suis étudiant en son et j'effectue mon mémoire de fin d'année sur comment aborder le son au cinéma. Vu vos expériences des deux côtés de l'Atlantique, avez-vous remarquez une différence de mentalité sur l'utilité du son entre les Etats-Unis et la France. Car il semble que la France, plus conservatrice, accuse un retard face aux américains qui se sont mis au sound design depuis déjà quelques années. Les bandes sons Françaises semblent moins fournies, en tout cas moins tape à l'oeil, que leurs homologues Hollywoodiennes. La différence de moyen est bien sure une explication mais y a t'il une culture sonore différente?
Il me serait très utile d'avoir l'avis d'un grand réalisateur comme vous. Merci pour tout.
Sébastien.