Avec mon pote Xavier (il est
producteur exécutif et producteur
délégué), la répartition des
tâches est la suivante. Quand il y a une bonne nouvelle,
c'est moi qu'on appelle. Quand c'est pour une emmerde, c'est lui
qu'on contacte.
Au retour des fêtes de Noël, c'est Xavier qui reçoit l'appel de l'agent d'Alberto :
« Alberto est aux États-Unis, il a des difficultés avec les producteurs, il doit refaire sa musique, il est très malheureux, il croit n'avoir plus le temps de composer la musique de Minor. »
J'ai Alberto quelques jours plus tard au téléphone. Il est aux États-Unis, il a des difficultés avec les producteurs, il doit refaire sa musique, il est très malheureux, il croit n'avoir plus le temps de composer la musique de Minor. C'est moi qui suis dans la merde mais c'est moi qui le console. Après tout, j'ai déjà eu le problème sur Deux Frères avec l'ami Gabriel Yared qui avait eu ce genre de problème avec Warner sur Troie. J'avais été obligé de changer de compositeur à la dernière minute alors que nous travaillions depuis un an sur le score. Le talentueux Stephen Warbeck l'avait remplacé au pied levé et m'avait donné pleine satisfaction.
Le problème est que maintenant nous sommes liés par des accords de coproduction et que nous DEVONS prendre un compositeur espagnol.
Je fais le tour de mes rayonnages et récupère tous les CD de musique de films espagnols que j'entasse depuis des années (beaucoup d'éditeurs me les envoient gratos). Xavier m'en fait acheter une cinquantaine d'autre. Je mélange tout dans un chapeau, je tire au hasard et j'écoute dans ma voiture, chez moi, au bureau, sans regarder le titre du film ou le nom du compositeur, mais je numérote. Au bout de quinze jours, je relis mes notes. Un nom se dégage de façon étonnante : Javier Navarette. Xavier prend rendez-vous. Nous débarquons un samedi chez lui à Barcelone avec un scénario, quelques photos du film et une bande-annonce. Il a une jolie maison, une jolie petite fille, une jolie femme qui prépare très bien le carpaccio et une très intéressante collection de musiques du monde.
Tout de suite, d'instinct, il me parle des musiques de Sardane. Je connais, ce sont des danses catalanes qu'on joue aussi aux Baléares. Je me souviens, étant môme, avoir dansé sur ces musiques sans âge un soir sur la place de Valdemosa à Majorque. J'ai encore les sonorités dans l'oreille, d'autant que j'ai gardé un vinyle acheté ce jour-là que j'ai écouté une ou deux fois depuis. J'aime ces hautbois aigrelets, ces cuivres primitifs, ces rythmes gais et ces airs qui font penser à ceux que Nino Rota composait pour Fellini.
Javier me fait aussi écouter des Tarentelles de Sicile. Une fois encore, des airs populaires, des mélodies simples et ensoleillées. J'aime le regard de Javier. Tendre, généreux et chargé de malice. Je crois qu'on a mis dans le mille. Xavier et moi revenons tout heureux à Paris.
Navarette me fait parvenir quelques premières maquettes. Voici ma réponse…
Au retour des fêtes de Noël, c'est Xavier qui reçoit l'appel de l'agent d'Alberto :
« Alberto est aux États-Unis, il a des difficultés avec les producteurs, il doit refaire sa musique, il est très malheureux, il croit n'avoir plus le temps de composer la musique de Minor. »
J'ai Alberto quelques jours plus tard au téléphone. Il est aux États-Unis, il a des difficultés avec les producteurs, il doit refaire sa musique, il est très malheureux, il croit n'avoir plus le temps de composer la musique de Minor. C'est moi qui suis dans la merde mais c'est moi qui le console. Après tout, j'ai déjà eu le problème sur Deux Frères avec l'ami Gabriel Yared qui avait eu ce genre de problème avec Warner sur Troie. J'avais été obligé de changer de compositeur à la dernière minute alors que nous travaillions depuis un an sur le score. Le talentueux Stephen Warbeck l'avait remplacé au pied levé et m'avait donné pleine satisfaction.
Le problème est que maintenant nous sommes liés par des accords de coproduction et que nous DEVONS prendre un compositeur espagnol.
Je fais le tour de mes rayonnages et récupère tous les CD de musique de films espagnols que j'entasse depuis des années (beaucoup d'éditeurs me les envoient gratos). Xavier m'en fait acheter une cinquantaine d'autre. Je mélange tout dans un chapeau, je tire au hasard et j'écoute dans ma voiture, chez moi, au bureau, sans regarder le titre du film ou le nom du compositeur, mais je numérote. Au bout de quinze jours, je relis mes notes. Un nom se dégage de façon étonnante : Javier Navarette. Xavier prend rendez-vous. Nous débarquons un samedi chez lui à Barcelone avec un scénario, quelques photos du film et une bande-annonce. Il a une jolie maison, une jolie petite fille, une jolie femme qui prépare très bien le carpaccio et une très intéressante collection de musiques du monde.
Tout de suite, d'instinct, il me parle des musiques de Sardane. Je connais, ce sont des danses catalanes qu'on joue aussi aux Baléares. Je me souviens, étant môme, avoir dansé sur ces musiques sans âge un soir sur la place de Valdemosa à Majorque. J'ai encore les sonorités dans l'oreille, d'autant que j'ai gardé un vinyle acheté ce jour-là que j'ai écouté une ou deux fois depuis. J'aime ces hautbois aigrelets, ces cuivres primitifs, ces rythmes gais et ces airs qui font penser à ceux que Nino Rota composait pour Fellini.
Javier me fait aussi écouter des Tarentelles de Sicile. Une fois encore, des airs populaires, des mélodies simples et ensoleillées. J'aime le regard de Javier. Tendre, généreux et chargé de malice. Je crois qu'on a mis dans le mille. Xavier et moi revenons tout heureux à Paris.
Navarette me fait parvenir quelques premières maquettes. Voici ma réponse…

Julien Lecat
mar 28 aoû 2007 10:33