Accueil Date de création : 09/07/07 Dernière mise à jour : 10/01/08 11:14 / 131 articles publiés
 

Le temps des maquettes  posté le jeudi 13 septembre 2007 09:55

Nous renouvellerons les séances de spotting deux autres fois. Avec un ajout de taille : pour les séances suivantes Javier revient avec des maquettes faites au sampleur, chez lui, sur les scènes précédemment visionnées qui ont été gravées pour lui en DVD.

Et là quel bonheur ! Neuf fois sur dix, Noëlle et moi, nous nous regardons avant de nous retourner vers Javier pour lui dire : "Bravo, formidable."

Ce coup de foudre-là ne m'était arrivé que deux fois : avec Pierre Bachelet pour Coup de tête et avec Gabriel Yared pour L'Amant.

Dès ce moment, j'ai une certitude : quel que soit le film dont je vais accoucher, la musique sera formidable ou, pour conserver une nécessaire relativité, la musique sera formidablement à mon goût, donc formidablement pas à celui de ceux qui ne partagent pas le mien.

Compositeurs et maquettes

Beaucoup de compositeurs rechignent à proposer des maquettes. Il est vrai que souvent les musiques de film sont plus atmosphériques que mélodiques, par la volonté du metteur en scène ou par carence d'invention du compositeur. Tout le monde n'est pas Mozart. Tout le monde ne peut pas pondre un thème divin chaque journée de l'année. Le métier de compositeur de musique de film est épuisant. Il faut donner son talent à l'œuvre d'un autre, il faut film après film se faire sucer le sang par les vampires que nous sommes, nous réalisateurs.


Au bout de dix, vingt ou trente films, quelques Césars et  Oscars, très rares sont ceux qui, assaillis de commandes, ont encore des thèmes en eux. Alors "on" compense par la taille de l'orchestre et l'excellence de l'interprétation. Ainsi, très souvent le film est, certes, correctement servi par une musique ample et spectaculaire… dont on est néanmoins incapable de fredonner l'air à la sortie de la salle, à l'inverse, des thèmes inoubliables de Maurice Jarre, de Nino Rota, de Morricone qui hantent nos mémoires.


Le discours de beaucoup de compositeurs chevronnés est : "Je ne peux pas te faire écouter quoi que ce soit avant l'enregistrement. Comment mon modeste piano pourrait te donner l'idée du souffle que dégageront les 130 instrumentistes du London Symphony Orchestra ?" C'est ainsi qu'on arrive un beau jour dans la grande salle du Studio d'Abbey Road et qu'on découvre, magnifiquement interprétée, trop tard… une soupe qui ne convient pas.


Alors c'est le drame, les discussions qui n'en finissent pas, les séances qui se multiplient dans l'improvisation, les copistes qui courent partout pour livrer les nouvelles partitions, le budget qui explose.


Un conseil : exiger une maquette, toujours, même pourrie. Elle indique au moins la mélodie, ou son absence, le tempo, il y en a forcément un, une direction d'intention et de style. Il faut se dire une chose : ce sera sûrement mieux avec l'orchestre. Et si c'est pas mieux, on garde la maquette, comme je l'ai fait plus d'une fois !

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Tous les commentaires de l'article:
Le temps des maquettes

  • cyrielle et cassandre mailto

    mer 03 déc 2008 09:58

    nous sommes 2 meilleures amies de 10 ans et sommes fans de rn'b, rap et slam. Nous habitons le 27. Notre groupe s'appelle CYCA et avons composé un texte et nous cherchons un compositeur de musique. Merci de nous répondre.

  • Bernhard Elsner mailto

    dim 05 oct 2008 19:01

    Il m'est souvent arrivé, comme compositeur, d'avoir peur d'être trop mélodieux. Il est reconfortant de lire ici qu'un réalisateur aime les mélodies.
    En revanche, je ne crois pas qu'il devient difficile por un compositeur d'avoir encore des thèmes "après dix, vingt ou trente films, quelques Césars et Oscars". Quelques fois c'est même par son longue expérience qu'un compositeur ne veut pas trop surcharger un film avec des mélodies et préfère rester plus discret en composant des textures et pas des mélodies. Au moins c'est ce que dit JN Howard dans le livre "The Reel World" de Jeff Rona.

  • imed chakchouk mailto

    lun 24 sep 2007 22:25

    apres plusieurs années.je suis avec j.j annaud.au ciné club de mon faculté j ai regardé la gurre du feu et l ours.et en DVD j ai regardé 7 ans au tibet.je suis extrémement heureux de votre travail.je crois qu avéc vous j aspire de l art de cinéma.enfin que Dieu vous protége pour nous aide a mieu vivre.