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Le temps des maquettes  posté le jeudi 13 septembre 2007 09:55

Blog de jjannaud : Jean-Jacques Annaud, Le temps des maquettes

Nous renouvellerons les séances de spotting deux autres fois. Avec un ajout de taille : pour les séances suivantes Javier revient avec des maquettes faites au sampleur, chez lui, sur les scènes précédemment visionnées qui ont été gravées pour lui en DVD.

Et là quel bonheur ! Neuf fois sur dix, Noëlle et moi, nous nous regardons avant de nous retourner vers Javier pour lui dire : "Bravo, formidable."

Ce coup de foudre-là ne m'était arrivé que deux fois : avec Pierre Bachelet pour Coup de tête et avec Gabriel Yared pour L'Amant.

Dès ce moment, j'ai une certitude : quel que soit le film dont je vais accoucher, la musique sera formidable ou, pour conserver une nécessaire relativité, la musique sera formidablement à mon goût, donc formidablement pas à celui de ceux qui ne partagent pas le mien.

Compositeurs et maquettes

Beaucoup de compositeurs rechignent à proposer des maquettes. Il est vrai que souvent les musiques de film sont plus atmosphériques que mélodiques, par la volonté du metteur en scène ou par carence d'invention du compositeur. Tout le monde n'est pas Mozart. Tout le monde ne peut pas pondre un thème divin chaque journée de l'année. Le métier de compositeur de musique de film est épuisant. Il faut donner son talent à l'œuvre d'un autre, il faut film après film se faire sucer le sang par les vampires que nous sommes, nous réalisateurs.


Au bout de dix, vingt ou trente films, quelques Césars et  Oscars, très rares sont ceux qui, assaillis de commandes, ont encore des thèmes en eux. Alors "on" compense par la taille de l'orchestre et l'excellence de l'interprétation. Ainsi, très souvent le film est, certes, correctement servi par une musique ample et spectaculaire… dont on est néanmoins incapable de fredonner l'air à la sortie de la salle, à l'inverse, des thèmes inoubliables de Maurice Jarre, de Nino Rota, de Morricone qui hantent nos mémoires.


Le discours de beaucoup de compositeurs chevronnés est : "Je ne peux pas te faire écouter quoi que ce soit avant l'enregistrement. Comment mon modeste piano pourrait te donner l'idée du souffle que dégageront les 130 instrumentistes du London Symphony Orchestra ?" C'est ainsi qu'on arrive un beau jour dans la grande salle du Studio d'Abbey Road et qu'on découvre, magnifiquement interprétée, trop tard… une soupe qui ne convient pas.


Alors c'est le drame, les discussions qui n'en finissent pas, les séances qui se multiplient dans l'improvisation, les copistes qui courent partout pour livrer les nouvelles partitions, le budget qui explose.


Un conseil : exiger une maquette, toujours, même pourrie. Elle indique au moins la mélodie, ou son absence, le tempo, il y en a forcément un, une direction d'intention et de style. Il faut se dire une chose : ce sera sûrement mieux avec l'orchestre. Et si c'est pas mieux, on garde la maquette, comme je l'ai fait plus d'une fois !

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Tous les commentaires liés à l'article : Le temps des maquettes

  • imed chakchouk a posté :lundi 24 septembre 2007 22:25

    apres plusieurs années.je suis avec j.j annaud.au ciné club de mon faculté j ai regardé la gurre du feu et l ours.et en DVD j ai regardé 7 ans au tibet.je suis extrémement heureux de votre travail.je crois qu avéc vous j aspire de l art de cinéma.enfin que Dieu vous protége pour nous aide a mieu vivre.

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