• Tom a posté :jeudi
13 septembre 2007 14:06
Tout d'abord, merci pour ce point de vue d'un "fabricant de
film" qui est extrêmement important puisque il s'agit d'une
exploitation de SON oeuvre. Merci d'accorder du temps à
votre public, d'être à son écoute et
d'être toujours aussi passionnant dans vos propos.
Pour continuer sur le doublage : une seule question : dans
votre analyse, vous ne parlez pas du jeu des acteurs et des nuances
émotionnelles de vos scènes dialoguées qui,
à mon sens, varient selon que l'acteur est doublé ou
pas. Ne trouvez-vous pas que l'on perde une authenticité de
jeu en écoutant une version doublée ? Sans compter
les écarts techniques et les subtilités sonores du
mix original par rapport au mix doublé. (Voix souvent
surmixées au détriment des autres canaux dans les VF,
informations sonores qui disparaissent du fait d'un
déséquilibre voix/ambiance/effets/musique)..
Pour rebondir sur ce que dit Jérôme, je suis
tout à fait d'accord avec lui sur les deux catégories
de personnes. Celle fidèle à l' "esprit
cinéma" et celle complètement insensible à la
qualité de visionnage (au respect des formats, etc...). Ils
sont en effet "insensibilisés" à toute idée de
mise en scène. Mais c'est vrai dans n'importe quel domaine
où finalement le public (et les professionnels) se
"contentent" d'une qualité... Et comment "éduquer" le
public quand TF1 passe des films recadrés en VF, avec un son
compressé et des plages du pub ? Il en va de même dans
la littérature, le journalisme, la vidéo
etc...
En tout cas, je suis un fervent consommateur de home cinema
et je possède un videoprojecteur chez moi et je peux vous
dire que je ne délaisse pas le Max Linder Panorama pour
autant Et c'est très intéressant d'expliquer
à un novice quel impact a sur lui la mise en scène,
le cadre, le scope (que lui perçoit inconsciemment).
Après cette personne est capable de "ressentir" la
différence d'émotions liés à
l'expérience du grand écran face à un screener
DIVX sur Internet. Et cela vaut pour le dernier Chabrol comme pour
The Bourne Ulitmatum. Il ne faut pas non plus se leurrer, tout le
monde, même si les prix baissent, ne pourra pas mettre chez
eux un écran de 3 mètres de base...
PS : j'ai d'ailleurs une question pour Monsieur Annaud. J'ai
le sentiment que vous êtes l'un des rares réalisateurs
français avec Luc Besson dont les films passent au format
scope à la télévision sans recadrage
éhonté. Est-ce une volonté en amont
scellée par contrat lors de l'achat de droit ? Est-ce une
exigeance que Besson et vous seuls pouvez avoir considérant
le nombre de spectateurs pour vos films ?
elbanus@hotmail.com
Comme vous le faites remarquer, les qualités
considérées comme "techniques" et leur restitution
sur grand écran ont une influence considérable sur la
perception inconsciente des spectateurs. La puissance de
l'émotion en est décuplée, qu'il s'agisse du
souffle du lyrisme ou de la spontanéité du rire. Tous
ces éléments "invisibles" constituent l'arme
secrète des cinéastes. Ils disparaissent hélas
quand la restitution en devient impossible par la taille et les
performances du support.
Pour ce qui est de la diffusion à la télé, un
article à venir de ce blog consacré au "pan en scan"
vous dira ma position sur le sujet.
Amitiés
Jja