Voici le post de Charles-Eric :
Cher Jean-Jacques Annaud,
Je parcours, que dis-je, je dévore votre blog depuis le
début. C'est un véritable trésor que vous
offrez à toutes les personnes qui apprécient votre
cinéma, mais également à tous les
passionnés de cinéma en général. On
retrouve votre passion et cette faculté que vous avez
à la transmettre (tous ceux qui ont décortiqué
et parcouru les bonus et commentaires audio de vos DVD, et ils
doivent être nombreux sur ce blog, savent de quoi je parle
!), à en parler.
Merci infiniment de prendre le temps de partager avec nous
vos envies, vos réflexions, vos doutes... Surtout en cette
période qui précède la sortie du film et qui
doit voir monter lentement mais sûrement la pression...
J'ai été très ému de découvrir
les extraits de spotting de L'Ours. Ce film a joué un
rôle fondamental dans ma vie (j'ai d'ailleurs eu
déjà l'occasion de vous en faire part) et c'est
toujours avec une immense joie que je parcours des documents de
travail ayant trait à ce film...
En tous les cas, encore merci pour ce blog. Un peu partout
les articles consacrés au film commencent à
apparaître. A ce sujet, et pour tous ceux que ça
intéresse, vient de paraître un long entretien que
vous avez donné à L'Ecran Fantastique (vous ne pouvez
pas le louper, Vincent Cassel est en couverture). Il y a
également un site internet sur lequel on peut
déjà lire une critique. Je ne sais pas si vous l'avez
lue, monsieur Annaud ?
Une dernière question : allez-vous présenter le
film, avant le 10 octobre, dans différents cinémas de
province, comme vous aviez pu le faire pour Deux Frères ?
Attachez-vous de l'importance à ces avants-premières
et à ce contact avec le public avant la sortie officielle ?
Les réactions et réflexions du public sont-elles de
bons indicateurs quant à la future carrière du film
en salle ? Ce qui est sûr, c'est que c'est un
véritable plaisir de vous entendre parler de votre film
après la projection.
A bientôt et bon courage pour ce mois qui
précède la sortie.
Charles-Eric
Cher Charles Eric
Comme vous dites, la pression monte, et le temps se
compresse.
Oui, j'ai lu la critique dont vous parlez. J'ai rencontré
son auteur qui malgré ses talents d'assassin est un homme
charmant avec lequel j'ai beaucoup aimé bavarder de
cinéma, de liberté, d'anticonformisme, de
création en général.
Quand on est cinéaste on devient malgré soi une chose
publique, en proie aux mouvements de foule, à l'adoration ou
à la vindicte. Les deux sont difficiles à
gérer.
Je me réjouis d'aller bientôt à la rencontre du
public pour des avant-premières dans diverses villes. Les
réactions sont comme les sondages, elles aident à
comprendre mais ne disent pas toute la vérité. Celle
là, on la connaît avec le recul, quinze ans plus tard.
Les films sont comme le vin, il y a des bouteilles qui donnent
beaucoup de plaisir à boire tout de suite, d'autres qui
prennent tout leur arôme avec le temps.
Merci pour votre amitié fidèle.
Jja